Destin perdu
Blottie contre son oreiller
Enfouie sous ses draps de satin
Tel un enfant apeuré se cachant d'une faute
Tout en sachant qu'il sera puni
Elle se souvient des temps passés
Elle se remémore cette période
Où la jeunesse semble éternelle
Où l'amour lui ouvrait ses portes
L'âge où l'insouciance est de concert
Avec la naïveté
Mais le problème ne se pose plus
Puisque désormais son enveloppe corporelle
Celle qu'elle chérissait autrefois
Celle-là même a dépéri tristement
Sa solitude si parfaite
Finit par la ronger de l'intérieur
Tous, ils sont tous partis
La laissant livrée à elle-même
La fragilité qu'elle a bannie
Réapparaît sous la forme cruelle
D'une petite épée qui lui perfore le c½ur
Son lit est un parterre de pleurs
Douce, si douce étoile fanée
Ton grand âge nous sert de barrage
Contre l'inconscience de nos jeunes années
Ne pleure pas, camoufle ta peine.
Sors de ta stupeur et souris
Ton vieillissement n'est pas punition
Ton désarroi est mien
Mais ne congédie pas le soleil, ton ami
Tu créais ainsi une seconde nuit
De peur de te noyer dans ce monde abstrait
Celui qui depuis de nombreuses années
Ne cesse de te fuir sans remords
Il te reste de la joie enfouie à l'intérieur
Laisse-la éclater, donne-moi une autre chance
Nos vies sont tellement similaires
On a besoin d'y croire encore !!!